LE PARDON
Dans un précédent article, j’avais averti que je diffuserai la suite d’un texte sur le pardon. Je précise que plusieurs personnes m’ont confié qu’elles avaient du mal à pardonner. Je ne
vais pas revenir sur ce que les Melkitsédecq m’avaient informé à propos du pardon. Il est bon de se souvenir une fois de plus, que ce grand geste de générosité, d’humilité et d’amour était
difficile.
Le fait que dans cet acte immense et grandiose, une trinité s’engage à se dévêtir de tout ce qui l’encombrait pour arriver à une purification totale, d’un acte, d’un geste, d’une parole, il est
compréhensible que cela frise le désastre intérieur. En effet les turbulences de l’intellect, générées par l’orgueil qui ne veut jamais reconnaître ses torts, qui se targue d’avoir toujours
raison, ne peuvent facilement établir un consensus de paix avec lui-même. Il y a trop de rigueur intérieure, de combats menés, d’orgueil, exorbités et de colère retenues ou exultées à dominer, à
convaincre et à vaincre au fond de soi déjà.
S’ajoute à ce grand désarroi, ce grand combat, cette grande agitation intérieure intellectuelle, les soubresauts de l’âme. Celle-ci subit des démangeaisons, elle hurle contre elle-même ou contre
son intellect, elle s’agite dans tous les sens ne trouvant aucun remède, afin de se calmer des déchirures qu’elle a connues ou ressenties, au cours de l’attaque qui eu lieu entre elle et
l’autre.
L’autre c’est tout d’abord elle-même parfois, qui s’en veut de s’être livrée à cette grande débâcle qui la rend ridicule à ses yeux. Elle interpelle alors l’intellect la rendant responsable de
mille erreurs produites au cours de ce qui vient de se passer. La paix, l’harmonie, la tendresse, l’amour aussi ont été évacués en peu de temps, en un mot peut-être parfois. Il lui devient
difficile de se récupérer de sortir de dessous les décombres des chocs reçus, endurés ou mal compris. Cette grande turpitude rencontrée dans la vie, peut s’ajouter à bien d’autres encore. Il en
résulte à son insu un appauvrissement considérable de sa nature.
La colère, la haine ou l’idée de vengeance, peuvent apparaître et craignent de ne pas être jugulées, freinées ou anéanties. S’il s’agit de la faute commise par l’autre, il peut arriver que l’on
espère une excuse ou un pardon qui viendrait faire oublier momentanément la brûlure de la gifle reçue. Si c’est le phénomène inverse qui s’est produit, alors l’alternative est difficile à
combler. Les torts reconnus ne trouvent pas moyens à réconciliation, à excuses ou à pardon. C’est plein de désarroi que l’on continue à avancer dans la vie à faire tant bien que mal tout ce
que l’on doit faire au quotidien. L’on peut supposer que de temps à autre l’oubli s’installe en apparence tout au moins. Mais cette blessure, ces troubles dont les qualificatifs manquent pour
être désignés, accablent notre vie. Ne perdons pas de vue que tout est inscrit en nous. Rien n’a été effacé, pour la bonne raison, que tout est gravé dans notre âme, dans notre intellect et
dans notre esprit de manière indélébile. MARC



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